Les aspects techniques du Clown

Les éléments constants et récurrents sans lesquels nous serions dans une autre modalité: le nez rouge, le costume (les chaussures, le chapeau, les vêtements), le maquillage, tous accessoires nécessaires à la mise en place du clown de chaque participant.

Le nez...

Le nez est le plus petit masque du monde ; il répond au désir de se cacher pour pouvoir exister. Derrière le masque – celui du théâtre antique ou de la commedia dell’arte – je peux vivre mon imaginaire sans être reconnu par les autres, exprimer mes désirs sans être freiné par des interdits, et me défaire des représentations qu’ont les autres de moi.

Le costume...

À ce moment de l’apparition progressive du clown, il ne s’agit pas de choisir un costume précis, d’incarner un personnage, mais plus simplement de se laisser interpeller par le vêtement :

tu l’enfiles, tu vois après, tu te laisses toucher par ce qui émerge, ému de ta propre image.

D’un seul coup, parce que je modifie la destination du vêtement, parce que je le détourne de sa fonction habituelle, une forme apparaît. Si je choisis de me glisser dans la peau d’un personnage préétabli, rien ne se passe, aucune forme ne va émerger du jeu des formes, des couleurs, des lumières.

Le maquillage...

C’est la magie du maquillage. Observez la bouche maquillée de quelqu’un qui rit : le mouvement du visage en est amplifié. Le seul risque du maquillage serait d’entraîner le clown à quitter sa réalité ; autrement dit, à partir dans un délire strictement personnel, une partition solitaire de comédien professionnel.

Dans Coach clown, j’improvise à partir de ce que je suis, je ne joue pas un rôle. Je suis moi et en même temps j’exprime la dualité de mon monde intérieur et de mon monde extérieur.

Les échauffements préalables

Ils permettent de me libérer de mon mental (relaxation, sophrologie, étirement) et de préparer mon corps.

L'espace scénique

La représentation symbolique d’une scène – une corde jetée au sol qui va indiquer la séparation entre le public et l’espace scénique – et la pose de paravents qui vont permettre les premières apparitions du clown seul sur scène, avant les «Impros.» proprement dites.

Le thème d'improvisation

Les animateurs proposent au groupe un thème d’improvisation, en lien avec l’intitulé du stage. Les clowns ensuite improvisent sans aucune préparation (durée d’une «Impro.» entre 3 et 6 min).

Une autre règle importante impose que chacun des deux clowns accepte dans l’instant ce que l’autre apporte, là est la source de l’enrichissement mutuel.

 Je ne vais pas refuser ce que mon partenaire clown va m’apporter, je ne vais pas casser le jeu, mais au contraire « prendre » ce qu’il met en scène et voir ce que ça me fait et ce que j’en fais.

Le public

Son rôle est essentiel. Il va renvoyer au clown sur scène l’authenticité ou l’inauthenticité de son jeu. Aucun voyeurisme dans la démarche, car chacun, à tour de rôle, se retrouve dans la position du clown et du public.

Par emprunt à la terminologie gestaltiste, le groupe lui-même devient une forme à part entière dont les « Impros »de fin de stage constituent la clôture.          

Tout au long des deux ou trois jours du stage, je fais connaissance avec l’imaginaire des autres, je me connecte à leurs représentations.

Mon histoire avec le CLown

par CLem

Le « Clown » m’a permis de devenir « Sujet » de mon histoire

À travers lui, j’ai pu exprimer mes émotions et ce que je ressentais. Ainsi, j’ai pu découvrir mon identité propre et pas seulement ce que m’avaient transmis mes ancêtres. Je suis devenue « Moi ».

J’ai pu ensuite, par le biais d’un travail intellectuel (Maitrise en sciences d’éducation, un travail de développement personnel en « Gestalt » et « Rogers » et mon parcours en sociologie clinique), créer un projet d’accompagnement qui reprenne l’ensemble de ces savoirs avec en plus le coté émotionnel du clown (travail sur le corps, le cœur, les émotions) qui a mon sens font un tout. (Rassemble le tout)

C’est pourquoi, pendant deux ans, j’ai fait le choix d’entreprendre cette formation afin de mettre des mots sur ce cheminement.

À la différence de toutes les pratiques thérapeutiques que j’ai pu entreprendre, le clown fut pour moi une révélation. Non seulement je pouvais m’exprimer, mais surtout j’ai pu rire et mettre de l’humour sur ce que je racontais. Cela a changé ma vie et mon regard sur le monde. Je socialisais mes fragilités face au public qui me regardait et en plus, je les faisais rire avec mon histoire. J’en riais moi-même. J’ai trouvé cela délicieusement bon et libérateur. Enfin, je trouvais ce qui me convenait au plus profond de mon « Être »… Rire de tout cela ! Quel bonheur ! Quelle avancée, moi qui avais tant pleuré sur mon histoire…

Ensuite, j’ai voulu partager cette découverte avec les autres, ce qui a entrainé la mise en place de stage de clown avec les enseignements divers que j’avais reçus.